Une vue d'un champ en fleurs et d'une serre en arrière plan

PPAM : culture, transformation et commercialisation

La culture des PPAM, pour Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales, recouvre plusieurs métiers : paysan-herboriste, cueilleur·se sauvage, transformateurice en divers produits finis (tisanes, sels aromatisés, hydrolats, huiles essentielles…). S’il existe une multiplicité de pratiques, la plus répandue consiste à cultiver des plantes que l’on fait sécher et que l’on compose en mélanges pour tisanes. Ce métier est accessible en Ile-de-France : il peut être réalisé sur petite surface, ne demande pas beaucoup d’investissement, et les débouchés commerciaux sont au rendez-vous. Alors, prêt·e à vous lancer ?

 

Qu’appelle-t-on la culture des PPAM ?

La filière Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales (PPAM) englobe 120 variétés de plantes cultivées et 350 plantes sauvages cueillies. Aujourd’hui, la France est l’un des principaux producteurs de PPAM en Europe, avec plus de 65 000 hectares dédiés à ces cultures, en croissance constante et en grande majorité en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Près de 26 % des surfaces des PPAM sont cultivées en agriculture biologique en 2022, soit deux fois plus que la moyenne de l’agriculture française. (Source : FranceAgriMer, Panorama 2020 du marché des PPAM en France, mise à jour novembre 2021)

  • Les plantes à parfum représentent les premières surfaces du secteur, avec 3 espèces prédominantes : le lavandin, la lavande et la sauge sclarée. Elles sont le plus souvent transformées en huiles essentielles et extraits pour la parfumerie, la cosmétique ou l’aromathérapie ;
  • Les principales plantes aromatiques cultivées sont la coriandre, le persil, le thym, le fenouil, la menthe, l’aneth, l’estragon, la marjolaine et l’origan, le basilic, le romarin et la ciboulette. Ce secteur a eu une forte croissance estimée à plus de 66 % depuis 2017. Ces plantes peuvent être séchées et valorisées en infusions, ou bien distillées en huiles essentielles, hydrolats, sels aux herbes…
  • Le secteur des plantes médicinales comprend le plus grand nombre d’espèces (plus de 150 espèces dont le pavot œillette, la camomille, le chardon marie, la mélisse…). Comme les plantes aromatiques, elles peuvent être séchées et valorisées en infusions, ou bien distillées en huiles essentielles, hydrolats…

Aux Champs des Possibles, nous accompagnons principalement les activités de culture et cueillette de plantes aromatiques et médicinales, leur séchage, conditionnement et commercialisation en circuit court.

Des cultivatrices de PPAM aux Champs des Possibles :

Les plantes médicinales : bien connaître la règlementation

Si de nombreuses plantes ont des vertus thérapeutiques, le Code de santé publique a établi une liste de 148 plantes dites « libérées » du monopole pharmaceutique. On y retrouve l’angélique, le bleuet, la camomille, le thym, la menthe, le tilleul… liste complète sur le site de l’ANSM, Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

Toutefois, cette vente doit se faire de manière strictement alimentaire, sans formuler la moindre allégation thérapeutique. On parlera ainsi de tisane « nuit calme » plutôt que de dire « soigne les insomnies ».

Seules ces plantes, et les plantes non inscrites à la pharmacopée peuvent être commercialisées par des producteurices ou distributeurices non pharmacien·nes. Le Syndicat SIMPLES, syndicat professionnel de producteurices de plantes aromatiques et médicinales, et la Confédération paysanne continuent leurs actions pour ouvrir à d’autres plantes cette libéralisation… 

Pour aller plus loin sur la règlementation des PPAM :

 

 

Deux modèles de production possibles

En Ile-de-France, la culture des PPAM en bio peut prendre la forme de deux modèles distincts :

  • La production de tisanes (ou autres dérivés) à partir de plantes séchées – modèle le plus représenté.

Il s’agit de la culture d’une grande diversité d’espèces sous serres et/ou en plein champ, accompagné de prélèvement de cultures sauvages complémentaires.

La production de plantes séchées peut se faire sur petites surfaces, avec en général des investissements moindres qu’en maraîchage mais qui ne sont pas négligeables (séchoir, mais aussi en général irrigation, serre, matériel souvent manuel ou peu mécanisé de préparation et d’entretien du sol…).

Exemples : Aline Aurias de L’Enracinée, à Gometz-le-Châtel, la Ferme Sapousse à Pussay en Essonne …

 

  • La production d’hydrolats et d’huiles essentielles, avec l’usage d’alambic.

Cette production vouée à la distillation demande souvent un peu plus de surface. Prévoyez de produire quelques cultures phares en grande quantité, ce qui rend le modèle à la fois plus simple à gérer et moins résilient aux aléas climatiques ou attaques de ravageurs.

Vous devrez investir plus d’argent au départ, notamment pour l’acquisition d’un alambic et veiller à respecter les normes d’hygiène assez strictes relatives à cette production.

Exemple : Claire Bertrand à La Fabrique Végétale à Lumigny, qui réalise des hydrolats et huiles essentielles à partir de cultures de thym ou de roses…

 

Dans la suite de l’article, nous nous concentrons sur la partie plantes séchées de la culture des PPAM.

 

La culture des PPAM (plantes séchées) : de nombreuses similitudes avec le maraîchage

Le même type de compétences est nécessaire quand on cultive des PPAM ou des légumes : sens de l’observation, connaissances botaniques, gestion de l’irrigation, de l’enherbement, vie du sol etc.

Si beaucoup de PPAM sont des cultures vivaces, il y a aussi un grand nombre d’annuelles dont la gestion rappelle les cycles du maraîchage, avec les mêmes temps forts sur l’année.

A noter : dans la production des PPAM, il y a toute une partie de cueillette sauvage de plantes que l’on ne « cultive » pas. Cela demande donc des connaissances et actions supplémentaires :

  • être en capacité d’identifier ces plantes,
  • connaître la règlementation et déclarer ces cueillettes aux organismes référents,
  • pouvoir justifier auprès du certificateur bio que ces plantes n’ont pas reçu de traitements chimiques,
  • demander l’autorisation de prélèvement auprès du propriétaire/locataire des endroits que l’on prélève.

 

 

Le séchage, une partie centrale du métier

Une fois cueillies, les plantes doivent être séchées pour être conservées plus longtemps.

En effet, avant séchage, la plante possède un taux d’humidité de 70% à 90%. Il faut viser un taux d’humidité autour de 12% pour obtenir un produit stabilisé et sans risque de dégradation.

Pour cela, vous aurez besoin d’investir (ou d’auto-construire) un séchoir pour entreposer vos plantes dans un endroit clos, à l’abri de la lumière, équipé d’un système de ventilateur ou de déshumidificateur. Ce séchoir peut être à claies ou à caissons, en fonction de vos besoins.

Plus d’infos sur les types de séchoirs sur le site de l’Interbio Corse.

 

A noter :

  • Dimensionnez bien votre séchoir en fonction de votre production – et vice-versa : vous devrez déposer vos plantes dans le séchoir immédiatement après leur cueillette, et même si votre séchoir est déjà bien rempli ;
  • Restez très attentif·ve lors du séchage pour éviter toute apparition de pourriture et garantir un goût optimal pour chaque plante.

 

Une fois séchées, conservez vos plantes dans des bidons hermétiques jusqu’à pouvoir les ensacher en périodes plus creuses.

 

 

Conditionnement et commercialisation des plantes séchées

Le conditionnement classique pour les plantes séchées se fait en sachet. Il est attendu d’une tisane que son packaging soit joli et attractif. Travaillez une identité visuelle forte, et déclinable sur vos différents produits.  

 

Veillez à composer des mélanges pour vos tisanes à la fois jolis, qui vont produire une bonne odeur et un bon goût, ainsi que des effets positifs pour le mieux-être des personnes qui vont les boire. Prévoir une zone de transparence dans vos sachets mettra en valeur l’aspect esthétique de vos compositions, au détriment de leur conservation, qui serait optimale à l’abri de la lumière…

A savoir : des ventes en vrac de plantes séchées sont aussi possibles dans certaines boutiques. Les plantes sont alors entreposées dans des bidons hermétiques. Cela permet d’économiser du temps d’ensachage.

Les tisanes et autres dérivés des plantes séchées s’achètent généralement lors des marchés d’hiver : c’est le grand pic de commercialisation pour les PPAM. On trouve aussi des ventes en boutiques, en AMAP et à la ferme. Puisque les tisanes s’achètent ponctuellement, il est nécessaire de diversifier ses clients pour étaler ses ventes sur l’année.

 

Les compétences indispensables pour le métier de paysan-herboriste

  • connaissance fines des plantes et de leurs effets
  • rigueur et minutie
  • compréhension des besoins des clientes pour créer des mélanges qui plaisent

 

Quelle formation ?

Il existe des formations dédiées à la culture des PPAM, notamment un BPREA au CFPPA de Montmorot mais aussi des Certificats de spécialités PPAM à retrouver sur le site de l’ONISEP.

Le Syndicat Simples propose aussi de nombreuses formations à retrouver sur leur site.

 

Peut-on être producteurice de PPAM en double activité ?

Oui, aux Champs des Possibles nous accompagnons (ou avons accompagné) des productrices de PPAM doubles-actives : Aline Aurias était journaliste scientifique en parallèle de son activité, et Magali Vauzelle conjugue son activité avec un emploi salarié à temps partiel. Tout est possible à condition de dimensionner son activité de façon intelligente pour être disponible lors des périodes tendues : floraison, arrosage, cueillette/séchage…

 

 

Crédits photo visuel de header : Caroline Cailleau

 

Cet article a été réalisé avec le soutien de l’Agence de l’Eau Seine Normandie , de la Région Ile-de-France et de la DRIAAF Ile-de-France.
 
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