Isabelle THIERS

Isabelle THIERS

Eleveuse de chèvres et fromagère sur la ferme de Toussacq

 

Isabelle est arrivĂ©e aux Champs des Possibles en fĂ©vrier 2021 dans l’idĂ©e de dĂ©marrer un atelier d’Ă©levage caprin sur la ferme de Toussacq pour faire des fromages et aussi du ketchup en utilisant le lactosĂ©rum de ses chèvres.

 

PRÉSENTATION

Pour Isabelle, traductrice de formation, tout commence par les AMAP. Il y a plus de dix ans, sur les conseils de son frère, engagé au sein du réseau, elle rejoint le groupe de l’AMAP des Lapereaux des Thermopyles, porte de Vanves. Elle participe à une journée à la ferme et apprécie ce moment de convivialité bienvenu. Pour Isabelle, originaire de Toulouse, la vie en région parisienne peut être un peu solitaire. L’AMAP, c’est un lieu d’échange, de rencontre, et puis le projet de soutien aux paysan.nes sonne juste pour cette petite-fille d’éleveurs du sud-ouest.

 

De l’idĂ©e d’une chèverie Ă  l’installation en Seine et Marne

Et puis un jour Abdenour, son amoureux, devient président de l’AMAP et participe à une formation du réseau « Animer son partenariat », et là, il rencontre Laurent Marbot et de retour chez lui, s’écrie : « Un jour j’aimerais être paysan ».

Du « et pourquoi pas ? » initial à l’installation, voici les quelques jalons d’Isabelle :

Comme elle est à son compte, et travaille depuis chez elle, l’idée de soutenir le projet d’Abdenour lui paraît évidente. Dès le départ, c’est catégorique, pas de végétal : elle a l’impression que les maraîcher. es qu’elle connaît ne font que se plaindre de la météo et travaillent contre la nature. Les chèvres, c’est mignon et sociable, et ça ne se plaint pas de la pluie. Pendant qu’il va se former en Ardèche dans la meilleure école pour les chèvres, le CFPPA du Pradel, Isabelle s’inscrit dans une formation « poules pondeuses », en se disant « comme ça j’aurai ma petite basse-cour, ce sera ma petite contribution au projet ». Elle se prend de passion pour ces animaux, mais comprend que l’atelier chèvre est un gros boulot, et remise ses poules à plus tard. Abdenour quitte son boulot et devient ouvrier agricole tout en passant son BPREA. Il se forme dans une ferme des Yvelines, la ferme de la Noue, qui vient de lui vendre son tout premier troupeau de 29 chevrettes. Entre temps, l’atelier chèvres de Toussacq a eu besoin d’un coup de main, Abdenour y est allé, puis Isabelle en renfort.

Et l’idée de s’installer là-bas a émergé ! Cette idée rassemble en effet de nombreux avantages : elle permet d’accélérer le processus puisque certaines infrastructures sont déjà en place ; elle offre un cadre rassurant et solidaire pour une profession peu représentée dans la région (difficile d’emprunter un tracteur quand on est un petit éleveur entouré de grands céréaliers), elle résonne avec les convictions d’Isabelle, pour qui la terre n’est pas un bien privé. En rejoignant la coopérative, on s’inscrit dans un projet collectif, qui nous lie avec d’autres, présents et futurs.

La grande migration des Yvelines Ă  Toussacq a eu lieu fin juin 2021. LĂ -bas, les chevrettes ont dix hectares de pâturages, avec de l’engrais vert Ă  boulotter. C’est un plaisir ultime pour Isabelle que cette maĂ®trise complète de l’alimentation de ses bĂŞtes : elle peut mĂŞme commander leur nourriture en demandant au paysan cĂ©rĂ©alier sur place d’organiser ses rotations en fonction des besoins du troupeau. Quant Ă  l’arrivĂ©e des chevreaux, il faudra attendre l’hiver car le bouc Salsifis n’entrera en action qu’en septembre pour s’occuper de ces dames.

 

 

Perspectives

La transformation débutera en début 2022 : au programme, fromages lactiques, tomes, feta, fromage blanc, lait frais, et viande (saucisses, terrines, viande hachée).

Pour ce qui est de la viande, Isabelle est une fervente partisane de l’abattage mobile, pour respecter le travail des paysan.nes en leur permettant d’accompagner leurs bêtes jusqu’au bout, en évitant le stress du transport, en les laissant entre elles, dans leur milieu familier. C’est donc l’assurance d’un abattage qui prend au sérieux la bien-traitance animale. Pour le moment, en attendant les futurs abattoirs mobiles franciliens, elle passe par un prestataire qui emmène les bêtes à 4 h de route de la ferme pour être abattues.

Plus tard, elle voudrait aussi des cochons pour les engraisser avec le lactosérum de ses chèvres et deux vaches, pour faire des yaourts, de la crème et pour nourrir ses chevreaux avec leur lait. Et puis des poules, bien sûr, bientôt. En attendant, elle vient d’imaginer un atelier 100 % coopératif : elle va bientôt pouvoir proposer à certains groupes AMAP de tester son ketchup élaboré à partir des tomates « moches » qui ne finissent pas dans les paniers des amapiens, de lactosérum de ses chèvres, d’épices et de miel. Premiers pots pilotes courant été 2021  ! A vos papilles, prêts, goûtez !

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