Deux hommes travaillent au champ

Test d’activité à la Ferme de l’Envol : un tremplin vers l’association

Deuxième épisode de notre série consacrée aux parcours vers l’installation. Cette fois c’est Cyrille qui nous accueille à la Ferme de l’Envol à Brétigny-sur-Orge. Il y est désormais associé, après être passé par le test d’activité. Si, au début, ce type de contrat ne lui paraissait pas adapté à sa situation, Cyrille s’est laissé convaincre et recommande aujourd’hui la formule aux personnes qui veulent rejoindre la ferme.

 

Cela fait quinze ans que Cyrille prend soin des plantes, d’abord dans une entreprise horticole, dans laquelle il a été ouvrier agricole, puis au sein d’une jardinerie. Si ce métier lui a toujours plu, il garde en tête un rêve de toujours : cultiver des légumes dans sa propre ferme et nourrir les personnes vivant autour… bref, exercer un métier totalement en adéquation avec ses valeurs !

 

Il se forme alors au maraîchage, dans une ferme en agriculture conventionnelle dans laquelle il travaille deux ans. « J’ai tout appris là-bas, avec une autre collègue maraîchère. Nous avons été très vite en totale autonomie sur la partie maraîchage de cette ferme qui faisait aussi des grandes cultures céréalières ». Cette expérience formatrice ne dure malheureusement pas, l’exploitation ayant fini par fermer. Cyrille met alors son temps à profit pour rencontrer des fermes en Essonne, près de chez lui. Et ça tombe bien, au printemps a lieu la Fête Champêtre à la Ferme de l’Envol, organisé par Cœur d’Essonne Agglomération… Arrivé sur le stand de la Ferme de l’Envol, Cyrille se présente : il est maraîcher, habite tout près et recherche un emploi salarié. On lui répond que son profil les intéresse mais qu’en ce moment la ferme ne recherche que des personnes en test d’activité, dans la perspective de s’associer plus tard.

La Ferme de l’Envol, lieu d’accueil en maraîchage

La Ferme de l’Envol se trouve sur une ancienne base aérienne militaire. Dès 2017, l’agglomération Cœur d’Essonne entame des négociations pour récupérer le terrain et en faire un ferme de polyculture élevage, qui puisse approvisionner le territoire en produits frais et de qualité.

Aujourd’hui 15 ha sont cultivés en maraîchage bio par trois associé·es et une personne en test d’activité.

En savoir plus sur la Ferme de l’Envol

C’est donc vers le stand des Champs des Possibles que se dirige alors Cyrille. On lui explique le fonctionnement du test d’activité, comment il pourrait avoir lieu sur la Ferme de l’Envol, le statut d’entrepreneur, … Il écoute, mais ne se sent pas concerné : à 40 ans passés, il imagine plutôt un emploi salarié, plus sécurisant pour sa famille. La charge administrative lui semble également une montagne, lui qui n’est pas vraiment familier avec ce domaine…

 

Il remercie mais ne donne pas suite, et repart à ses recherches d’emploi qui l’amènent quelque temps plus tard à une annonce sur Facebook : la Ferme du Pas de Côté recherche un·e « couvé·e », une personne en test d’activité. Ce terme lui rappelle quelque chose… Il se rend à une visite organisée, par curiosité et envie de discuter de ce statut avec des gens qui sont passés par là. C’est ainsi que l’idée fait son chemin : et pourquoi pas essayer à la Ferme de l’Envol ? Il se renseigne, une place est toujours à prendre. Après une journée passée à travailler avec l’équipe, Cyrille confirme son souhait de poursuivre l’aventure : c’est le début de son test d’activité.

Apprendre le « métier » d’associé

A la Ferme de l’Envol, les tests d’activité sont pensés sur deux ans : la première année est consacrée à l’apprentissage du métier de maraîcher, la deuxième à celui d’associé·e, avec la gestion de certaines tâches administratives propres à la gestion d’une ferme.

Pour Cyrille, cela ira finalement plus vite que prévu : s’il apprend beaucoup, Cyrille est déjà très autonome et s’intègre vite, et au moment où il arrive, en février, une associée annonce son départ. L’association est envisagée dès juin, et elle est confirmée en automne, une fois la saison passée. Elle est effective en janvier suivant, moins d’un an après l’arrivée de Cyrille à la ferme ! Cyrille devient alors le 4e associé de la ferme, aux côté d’Eric et Laurent, qui avaient chacun leur propre ferme avant de se lancer dans l’aventure collective, et Théo passé lui aussi récemment par un test d’activité. A leurs côtés, il apprend les tâches administratives, la posture d’associé dans une entreprise collective… leur expérience est précieuse pour lui, et le regard extérieur de Cyrille sur les pratiques en place l’est tout autant pour eux.

 

Pendant son test aux Champs des Possibles, Cyrille avait également bénéficié de modules en comptabilité et gestion qui l’ont préparé à ces tâches d’associé, et lui ont appris à utiliser certains outils informatiques. Si ces formations avaient commencé par le décourager, lui qui n’avait aucune base dans ces domaines-là, il finit par s’accrocher. « Ces formations m’ont obligé à m’y mettre, je n’avais pas le choix… C’est en faisant qu’on apprend, et j’ai appris. Et ça me sert aujourd’hui ! ».  

 

Alors, quand Théo a annoncé son départ de la ferme, Cyrille a conseillé à son tour la formule du test d’activité à Christelle, dans la perspective de s’associer elle aussi plus tard. « Elle avait les mêmes réticences que moi au départ, mais je l’ai rassurée sur l’aspect sécurisant du test, et la grosse plus-value de travailler en collectif : on n’est plus un simple ouvrier qui exécute des tâches mais on n’a pas non plus tout à gérer tout seul ».

 

 

Un test pour s’acculturer à un collectif dès constitué

Cyrille sentait que le collectif était ce vers quoi il souhaitait aller, l’année de test lui a permis de valider son ressenti en côtoyant ses futurs associé·es chaque jour, en apprenant à les connaître et à comprendre le fonctionnement de la ferme. Et c’est bien l’enjeu de rejoindre un collectif déjà constitué, avec les caractères de chacun·e et des codes plus ou moins formalisés. Un temps d’adaptation semble nécessaire pour s’y acclimater (En savoir plus sur notre accompagnement dédié aux fermes collectives).

 

Ainsi, Cyrille a expérimenté le fait qu’à la ferme de l’Envol, les prises de décisions sont horizontales, il n’y a pas de hiérarchie, les associé·es décident toustes ensemble. On y partage les réussites mais aussi les difficultés. Et le collectif permet aussi de pouvoir compter les un·es sur les autres, dans un métier pas toujours facile au quotidien : « il y a de nombreux aléas, il peut y avoir des soucis de santé… C’est vraiment appréciable de ne pas être seul dans ces situations. Quand je pense qu’avant j’avais le rêve de travailler seul sur ma ferme ! Je n’aurai pas pu le faire en fait : c’est trop de sacrifices, de temps de travail, d’investissements… ».

 

Ce n’est donc pas seul mais bien à plusieurs que Cyrille a finalement concrétisé son rêve de nourrir les gens autour de lui : en janvier, le mois de son association, il a ouvert une AMAP avec les gens de son village, à 20min de la ferme.

 

 

Cet article a été réalisé avec le soutien de l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
 
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Le conseil de Cyrille pour se lancer en test d’activité ?

« Il faut le tenter ! Je conseille particulièrement la formule de test d’activité en immersion, pour pouvoir échanger avec des personnes sur le site, qui peuvent aider en cas de besoin. »